Les concours de labour pour animaux

Attention : deux pages sont consacrées aux concours de labour. Pour la 2e aller au bas de la 1ère et cliquer. Ou cliquer directement ici : Championnats de France équin.
C'était un rêve d'historien amateur (votre serviteur). Après avoir écouté ma (mes) supplique en assemblée générale et reçu les encouragements de Robert Moreau, les Traits Charentais ont décidé de tenter le défi.
 
Début des essais en février 2003 à Courcôme.

Un brin d'histoire

L'avènement des écoles d'agriculture en Charente Un concours de labour à Angoulême en 1845
Concours de labour à Villefagnan le 12 août 2012 Villefagnan était cité, antan, comme le pays des concours de labour. En 1911, le comice agricole durait trois jours et une cinquantaine d’attelages prenaient gaillardement le départ. Le premier prix : une charrue brabant ! Cette réputation perdure avec de nombreuses manifestations, grâce aux jeunes agriculteurs, aux collectionneurs de vieux tracteurs et aux Traits Charentais associés à leurs vaillants animaux pour s’aligner fièrement devant le moulin à vent. A l'origine il n'était point de charrue. Le paysan grattait la terre avec une araire. Mais en Angoumois, cette araire recevait deux planches latérales qui écartaient la terre derrière le soc et la faisait s'élever en billons. Le versoir et soc en fonte d'un même tenant furent inventés en pays Brabant dans les années 1760.
Mais il faudra des imaginatifs comme Mathieu de Dombasle pour perfectionner le système. Après 1820, les fabricants sont nombreux à créer leur propre machine et bientôt en 1855 la charrue brabant devient réversible. Après 1870 les bœufs cèdent peu à peu la place aux chevaux qui mènent un train d'enfer à ces mécaniques parfois originaires du département. On peut labourer désormais à plat. Mais il faudra encore longtemps et de nombreux concours de labours pour voir institutionnaliser cette charrue en Charente.
Voilà comment Feu Robert Moreau peut voir sa chère commune, vue du ciel...

Un départ sur les oreilles
Les charrues brabant seront sorties des granges et dès février 2003 les entrainements et la formation débuteront chez Robert Moreau à Courcôme.



 
Annonce du concours par le journal L'Avenir de Ruffec
Concours de labour comme antan en août à Villefagnan. Le premier concours départemental charentais se déroulera au pied du moulin à vent des Pierres Blanches le 10 août 2003 prochain. Chaque samedi ou presque, sous les yeux des curieux, se déroulent des entraînements à Courcôme, bientôt à Montbron, à Roullet... «J’ai récupéré une charrue Brabant dans une palisse, relate Edouard Lévêque, il a fallu lui gratter les oreilles et les faire briller». Des oreilles aussi grandes que celle de ses mules… «S’aligner au départ d’un concours de labours, c’est bien joli, ajoute-t-il, mais je n’avais jamais labouré…» C’est là qu’opère la magie des associations et en particulier celle des Traits charentais. Il suffit de compter sur ses amis pour apprendre : «Ces séances sont un lieu de rencontres et d’échanges». Robert Moreau de Courcôme joue les profs : «Labourer, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas». De même, René Rimpaud ne quitte jamais les sabots d’Edouard. A 79 ans, ce fidèle copain fait passer son savoir. «De sillon en sillon, le groupe s’agrandit, des jeunes s’intéressent à la traction animale sous toutes ses formes.» Edouard avoue prendre du plaisir à travailler avec ses mules : «J’aime me retourner et admirer le boulot».
 
Comme au moto-cross...
Cependant, les gaillardes ont dû subir des séries de «débourrage». Arrogantes au début, avant de commencer le labour, il a fallu les calmer devant un scarificateur : «Marrant, René Rimpaud sur l’engin et Edouard galopant à côté des mules». Le procédé fut identique pour les chevaux : les bêtes se sont assagies et avancent maintenant d’un pas régulier.
La passion d’Edouard pour les traits poitevins le ronge depuis bientôt sept ans : «C’est un animal qui m’a plu pour sa rareté, un vrai coup de cœur». Chacun sait l’importance locale du mulet issu du baudet du Poitou et de la jument mulassière poitevine. Après la Révolution, ils ont souvent remplacé les bœufs : «En 1807, un mulet valait plus cher qu’un gros tracteur aujourd’hui». Les Villefagnanais les ont acheté à Melle ou à Charroux avant de s’en approprier l’élevage et de les exporter en train vers les montagnes et les colonies : «Mais le tracteur les a rendus obsolètes».
C’est un concours qui a fait évoluer la passion d’Edouard vers l’élevage : «J’ai eu la chance d’avoir un animal exceptionnel, championne de France». Avec le soutien de l’association de l’âne et du cheval de trait charentais, conseillé par René Rimpaud, sur quelques hectares et une ferme à Londigny, il s’est constitué un beau cheptel : «Ma participation à la sauvegarde de l’espèce avec 3 mules, 3 mulets, 2 juments poitevines, 2 pouliches poitevines et un futur étalon». Avec Edouard, avec les Traits charentais, les races mulassières reprennent peu à peu leur place dans tout le département.

Site du moulin à vent de Villefagnan vu du ciel..

Août 2003, premier concours : la canicule mais tous vaillants
Le premier concours débute en 2003 en pleine canicule. Les Traits Charentais et le GRAHV ont ressuscité l’épreuve qui faisait le succès des fêtes d’août à Villefagnan en 1900. «De la passion et une solide amitié sont à l’origine de ce concours de labour» a expliqué lors de la remise des prix Francis Flaud président de l’association de l’âne et du cheval de trait charentais. Dès le matin, lors des essais devant un parterre heureux d’agriculteurs opinant du chef, Théo Gasseling président du Jury, annonçait la couleur : «Ces labours avec des animaux n’ont rien à envier en qualité à ce qui se pratique avec nos tracteurs». Théo savait d’ores et déjà son travail ne serait pas facile, que la notation devait être stricte et précise.
 

Robert Moreau termine son labour devant un ancien agriculteur.
Sous une température de plus de 40°, Robert Moreau a viré son brabant en tête : un classement très serré - au quart de poil près – une première place qui ravit les Traits Charentais.

Flash Player pas à jour

Ce vétéran de plus de 70 ans montre que l’entraînement «paye», à savoir de nombreux samedis avec tous ceux qui l’ont accompagné à l’exercice. «Nous sommes fiers pour Robert et son épouse, ont déclaré avec émotion les concurrents, tous deux stimulent continuellement notre passion». Derrière lui, les copains n’étaient pas loin. «Du beau travail de passionnés» ont scandé les partenaires de ce concours. De leur côté, les animaux ont une nouvelle fois montré leur suprématie physique sur l’homme : «A peine quelques petites gouttes de sueur».
 

Première remise de coupes, Robert Moreau est à gauche.
Chaque année les concours se poursuivent inlassablement. Le public s'accroit pour dépasser le chiffre de 2500.
Vidéo du Trophée Robert Moreau, départemental de labour 2006, dans le vent !

Tenter de retrouver l'esprit
En octobre 1890, Villefagnan mettait sur ses rails son comice agricole. Autour du maire Claude-Auguste Brothier, l’assemblée générale réunissait 65 membres qui élisaient un bureau. Le concours offrait différentes catégories dont un concours de labourage très bien doté puisque le 1er est reparti avec une charrue brabant plus une prime de 25 F. Autre prix notable, celui décerné au premier propriétaire d’étalon de la race mulassière du Poitou à hauteur de 30 F. «C’est pour revenir dans nos sillons et nous retrouver à cette époque que nous avons relancé ce concours de labours au XXIe siècle» dit votre serviteur.
A l’instar du concours de 1890 ouvert à toutes catégories de charrues, celui de 2004 permit à chacun de participer avec n’importe quel type d’instrument de labour, de l’araire au brabant tirées par des ânes, des mules, des chevaux ou des bœufs.
 

André Pintaud et ses percherons
Edouard Lévesques et ses mules.
 
Le jury de gauche à droite en 2009 : Pierre Ditlecadet et René Thoret.


 
René Thoret (qui sait écouter les chevaux) a pris en main le jury du concours et distribue ses consignes avisées aux concurrents. Des concours sont organisés de même à Orlut (René Thoret est le président de l'association organisatrice) en août.
 
Le Trophée Robert Moreau remporté en 2009 par Jacques Barrière.

En 2011 à Villefagnan, le temps n'était pas de la partie et seulement six concurrents se sont présentés. Vidéo !
 



Août 2011, Michelle Moreau remet le Trophée Robert-Moreau à André Pintaud.


Les chevaux et les mulets/mules.


Les ânes.
 

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